La Société archéologique de Sens possède une importante collection d’œuvres d’un peintre et céramiste un peu oublié, mais qui mérite amplement la reconnaissance : Dominique Grenet, nommé parfois Grenet de Joigny (1821-1885). Cet ensemble procède d’un don de Vincent Larcena de Ribier en faveur de la Société le 13 mai 2019. Une belle exposition, au musée Jean Larcena de Saint-Aubin-Châteauneuf, a rendu justice au peintre cet été. Nous évoquerons ses origines, sa formation et son itinéraire d’artiste. Entré à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, il expose au Salon dès 1845, les années suivantes son travail est reconnu, il obtient plusieurs récompenses et des œuvres sont acquises par le Ministère d’Etat. S’il s’intéresse au paysage historique et à la peinture de genre, ses représentations de la nature, en particulier des bois, sont particulièrement appréciés et témoignent d’une grande sensibilité. Comme Théodore Rousseau et Camille Corot, ses contemporains, Grenet est un peintre des arbres. La collection comprend aussi d’excellents dessins et des carnets révélant un crayon très sûr. Il s’installe en 1861 à Montigny-sur-Loing, que fréquentent de nombreux artistes, et s’y marie onze ans plus tard. Au début des années 1870, il se tourne vers la céramique et élabore avec des collègues le procédé de la barbotine colorée, on parlera parfois de céramique impressionniste. Bientôt il expose des faïences au Salon et va diriger à partir de 1876 l’atelier de barbotine artistique de Gien. La réussite est telle que la faïencerie va obtenir une médaille d’or en 1878. Dans la continuité de l’exposition, cette communication est l’occasion de mieux faire connaître un artiste dont la notoriété est très en deçà de ce qu’il mérite.

