Né en 1879 en Lorraine annexée à la suite de la guerre de 1870-1871, Joseph Mathis est animé depuis son enfance du patriotisme intransigeant des Lorrains. Il entre à Saint-Cyr en 1899 : la carrière militaire va lui permettre de s’impliquer pleinement dans un élan passionné vers la récupération des « province perdues ». Dans la première moitié du XXème siècle, cet officier combat l’ennemi allemand au cours de trois guerres : de 1914 à 1918, puis de 1939 à 1940, avant de reprendre le combat clandestin en 1942. Marie-Christine Parisot, pianiste et professeur de piano bien connue des Sénonais est sa petite fille, et nous la remercions vivement d’avoir bien voulu nous confier les archives de son grand père.
Michel Mauny, chercheur indépendant, spécialiste de la 1ère Guerre mondiale, nous propose une analyse de la correspondance que Mathis a entretenue avec son épouse Paulette durant la Grande Guerre. Ces 138 lettres sont un précieux et exceptionnel gisement d’informations de toutes sortes et parfois même inattendues. Elles constituent un témoignage vivant, évoquant non seulement les thèmes décrits par nombre de Poilus, mais, allant bien au-delà, elles révèlent l’image de son vécu d’officier de troupe partageant les périls de ses hommes. Volontiers critique – au risque de la censure ! – il n’hésite pas à s’exprimer sans concessions sur les agissements regrettables de certains officiers. Il sait aussi se montrer sensible à la dureté des épreuves frappant ses subordonnés. Au fur et à mesure de ses nominations et promotions dans la hiérarchie militaire, Joseph Mathis ne cessa de montrer ses qualités d’entraîneur d’hommes.
En 1933, le lieutenant colonel Mathis prend le commandement du détachement du 4ème Régiment d’Infanterie à Sens. En 1939, à la retraite depuis deux ans, il est mobilisé, et prend le commandement d’un régiment à la tête duquel il obtient la Croix de Guerre 1939-1945 ainsi qu’une nouvelle citation. La France vaincue, démobilisé, il rentre à Sens… et reprend le combat !
Joël Drogland, historien de la France sous l’Occupation, nous montre le rôle important que joue le colonel Mathis dans l’organisation de la résistance sénonaise. Il rassemble autour de lui un groupe affilié au mouvement de résistance « Ceux de la Libération », qui est le noyau de l’organisation du Bureau des opérations aériennes (BOA) dans le Sénonais. En octobre 1943 les membres du BOA de Sens sont décimés par une trahison. Mathis échappe à l’arrestation et quitte Sens précipitamment. De retour à la Libération, il est nommé membre du Comité départemental de la Libération de l’Yonne, élu conseiller municipal sur la liste d’union de la Résistance présentée par Maxime Courtis le 29 avril 1945, et directeur de L’Éclaireur de l’Yonne, journal de son mouvement de résistance. Le colonel Mathis est décédé à Sens le 25 juillet 1965.

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Date :
mardi 3 mars 2026

Heure :
20h30

Lieu :
Salle de réunion du CEREP

Adresse :
5 rue Rigault, 89100 Sens, France

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